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7/10Soleil

Lunettes de soleil : lire l'étiquette avant d'acheter

Une paire de lunettes de soleil se choisit souvent sur la forme de la monture. Ce qui compte vraiment se lit pourtant sur l'étiquette, en quelques chiffres et deux ou trois sigles. Voici comment les déchiffrer.

Ce que l'étiquette doit indiquer

Une paire vendue en Europe porte en principe trois informations : le marquage CE, la référence de la norme qui encadre les lunettes de soleil (on y lit généralement « EN ISO 12312-1 ») et la catégorie du filtre, un chiffre de 0 à 4. Ces mentions figurent sur l'étiquette, sur la notice ou à l'intérieur d'une branche.

Le marquage CE signifie que le fabricant déclare respecter les exigences européennes. Ce n'est pas un label de qualité ou de confort, mais son absence est un signal clair : sur un étal de vacances, une paire sans aucune de ces indications ne dit rien de ce qu'elle filtre vraiment.

Les catégories de filtre, de 0 à 4

La catégorie indique la part de lumière visible que le verre laisse passer. Plus le chiffre est élevé, plus le verre est sombre.

CatégorieLumière visible transmisePour quelles conditions
0de 80 à 100 %confort ou esthétique, temps couvert
1de 43 à 80 %faible luminosité, ville par temps voilé
2de 18 à 43 %ensoleillement moyen, usage courant
3de 8 à 18 %fort soleil, plage, montagne en été
4de 3 à 8 %très forte luminosité, haute montagne, glacier

Un point à retenir absolument : la catégorie 4 est interdite à la conduite. Le verre est si sombre qu'il empêche de bien voir la route, surtout au passage dans un tunnel ou sous un pont. Les paires concernées portent d'ailleurs un pictogramme de voiture barrée.

Lunettes de soleil noires posées à côté d'une tasse orange sur une table blanche ensoleillée
Une monture foncée ne dit rien du filtre : la réponse est sur l'étiquette.

Teinte et protection UV : deux choses différentes

On confond souvent la couleur du verre et sa capacité à arrêter les ultraviolets. Ce sont deux propriétés distinctes. La teinte réduit l'éblouissement ; le filtre UV arrête un rayonnement invisible que l'œil ne perçoit pas, et donc ne signale pas.

La mention « UV 400 » indique que le verre filtre les rayons jusqu'à une longueur d'onde de 400 nanomètres, c'est-à-dire l'ensemble des UVA et des UVB. Un verre clair peut très bien être filtrant, et un verre très foncé peut ne pas l'être.

C'est là que se loge le vrai piège des lunettes de fantaisie sans filtre. Derrière un verre sombre, la pupille se dilate pour laisser entrer plus de lumière. Si le verre ne retient pas les UV, l'œil en reçoit alors davantage que sans lunettes. Mieux vaut ne rien porter qu'une paire foncée qui ne filtre pas.

Les verres polarisants

Un verre polarisant atténue les reflets renvoyés par les surfaces horizontales : l'eau, une route mouillée, le capot d'une voiture, la neige. Pêcheurs, navigateurs et conducteurs l'apprécient pour cette raison.

Il a ses limites. Certains écrans, comme ceux d'un téléphone, d'un tableau de bord ou d'un distributeur de billets, deviennent difficiles à lire, voire noirs selon l'angle. La polarisation n'est pas non plus une protection UV en soi : elle s'ajoute au filtre, elle ne le remplace pas. Vérifiez donc la mention UV même sur une paire polarisante.

Neige, mer et enfants

La neige fraîche renvoie une grande partie du rayonnement solaire, l'eau et le sable aussi, dans une moindre mesure. On reçoit alors la lumière par en dessous et sur les côtés, pas seulement d'en haut. En montagne, l'intensité des UV augmente en plus avec l'altitude, comme le rappelle l'indice UV publié dans les bulletins météo. Des verres de catégorie 3, ou 4 sur un glacier, et une monture enveloppante prennent ici tout leur sens. Sans cela, la réverbération peut provoquer une brûlure douloureuse de la surface de l'œil, connue en montagne sous le nom d'ophtalmie des neiges.

Les enfants sont plus exposés que les adultes : leur cristallin, plus transparent, laisse passer davantage de rayonnement, et ils passent beaucoup de temps dehors. Pour eux, une monture à leur taille, qui tient bien sans serrer, avec des verres filtrants et résistants aux chocs, vaut mieux qu'un modèle adulte réduit. Un chapeau à bord complète utilement. Le bon moment pour en parler est souvent le rendez-vous de contrôle de la vue de l'enfant.

Si vous portez des lunettes de vue

Plusieurs options existent : verres solaires à votre correction, clips qui se fixent sur la monture, surlunettes, ou verres qui foncent à la lumière. Ces derniers foncent peu derrière un pare-brise, qui arrête une partie des UV ; ils conviennent donc moins à la conduite. Le choix se fait avec l'opticien qui réalise vos verres, à partir de votre ordonnance et de vos usages. Si vous êtes de plus en plus gêné par la lumière vive ou par les phares la nuit, parlez-en aussi lors d'un examen : la sensibilité à l'éblouissement évolue avec les années.

L'hiver aussi

On range volontiers les lunettes de soleil en septembre. Le soleil d'hiver, pourtant, reste bas sur l'horizon une bonne partie de la journée, et l'éblouissement qu'il provoque est souvent plus gênant qu'en été, parce qu'il arrive à hauteur des yeux.

Rue bordée de façades haussmanniennes à contre-jour au soleil couchant
En fin de journée, le soleil bas d'hiver tombe pile dans l'axe des rues.

Gardez une paire dans la boîte à gants ou au fond du sac toute l'année : c'est souvent en novembre, sur le trajet du retour, qu'on la regrette le plus.

À lire avant tout : ce site informe, il ne remplace ni un examen ni l'avis d'un ophtalmologiste, d'un orthoptiste ou de votre médecin. En cas de doute sur vos yeux, consultez.