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Yeux secs : chauffage, climatisation et clignements
Picotements, brûlures, sensation de sable sous les paupières, yeux qui pleurent paradoxalement : la sécheresse oculaire est très courante, surtout l'hiver. Elle tient souvent à l'air que l'on respire et à notre façon de regarder. Comprendre le film lacrymal aide à savoir quoi changer.
Le film lacrymal, en mots simples
La surface de l'œil n'est jamais à nu : elle est recouverte d'un film de larmes très fin, renouvelé à chaque clignement. Ce film compte trois couches.
- Une couche de mucus, au contact de l'œil, qui permet aux larmes d'adhérer à sa surface.
- Une couche aqueuse, la plus épaisse, produite par les glandes lacrymales : elle hydrate, nourrit la cornée et emporte les poussières.
- Une couche grasse, en surface, fabriquée par de petites glandes situées au bord des paupières : elle freine l'évaporation.
Si l'une de ces couches manque ou si les larmes s'évaporent trop vite, la surface de l'œil s'irrite. Curieusement, un œil sec peut aussi pleurer beaucoup : c'est une réaction réflexe à l'irritation, avec des larmes trop aqueuses pour bien tenir.
Ce film ne sert pas qu'au confort : c'est la première surface que traverse la lumière. Quand il se rompt entre deux clignements, la vision se brouille légèrement par instants, puis redevient nette après un clignement. C'est un signe assez typique de sécheresse.

Ce qui assèche les yeux
Plusieurs facteurs du quotidien favorisent l'évaporation des larmes :
- le chauffage, surtout par air soufflé, qui fait chuter l'humidité de l'air intérieur ;
- la climatisation, qui assèche et brasse l'air ;
- l'air froid et sec de l'hiver, et le vent ;
- la voiture, quand la ventilation souffle droit vers le visage ;
- l'avion, où l'air de la cabine est très sec ;
- les écrans, parce qu'on cligne moins souvent et moins complètement quand on se concentre ;
- les lentilles de contact, qui modifient la répartition du film lacrymal ;
- l'âge, la production de larmes diminuant avec les années, en particulier chez la femme après la ménopause.
Certains médicaments peuvent aussi jouer, notamment certains de ceux pris pour une allergie, pour la tension artérielle ou pour le moral. N'arrêtez jamais un médicament de vous-même : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, qui verra s'il y a lieu d'adapter quelque chose.
Les gestes simples à la maison et au bureau
Bonne nouvelle : la gêne liée à l'environnement se réduit souvent par des habitudes faciles.
- Aérez chaque jour quelques minutes, même en hiver : l'air renouvelé est moins chargé en poussières.
- Surveillez l'humidité intérieure. Un hygromètre, petit appareil peu coûteux, l'affiche en permanence. Un taux d'humidité relative autour de 40 à 60 % est généralement considéré comme confortable. En dessous, un humidificateur bien entretenu, ou simplement du linge qui sèche dans la pièce, peut aider.
- Ne dirigez pas la ventilation vers le visage, ni dans la voiture ni devant un ventilateur ou un climatiseur.
- Évitez de surchauffer : une pièce moins chaude est aussi moins sèche.
- Buvez régulièrement au fil de la journée, surtout dans les espaces chauffés ou en avion.
- Portez des lunettes dehors par grand vent, de vue ou de soleil : elles limitent l'évaporation des larmes.

Les clignements et les pauses devant l'écran
Un clignement complet étale la couche grasse sur toute la surface de l'œil. Devant un écran, on cligne moins et souvent à moitié, si bien que le bas de la cornée sèche. Prenez l'habitude, à chaque pause, de fermer complètement les yeux quelques secondes, puis de cligner franchement plusieurs fois.
La règle des 20 et les réglages du poste s'appliquent pleinement ici : en reposant l'accommodation, on retrouve aussi un rythme de clignement plus naturel. Placer l'écran un peu sous le niveau des yeux aide également, car la paupière couvre alors davantage l'œil.
Les porteurs de lentilles y sont particulièrement sensibles. Respecter la durée de port prévue, ne pas dormir avec des lentilles qui ne sont pas faites pour cela et repasser aux lunettes les jours de gêne laisse respirer la surface de l'œil.
Les larmes artificielles
Les larmes artificielles et gels lubrifiants sont vendus en pharmacie. Il en existe de nombreuses formules, plus ou moins fluides, et le choix dépend de la gêne ressentie. Demandez conseil à un pharmacien ou à votre médecin plutôt que de choisir au hasard.
Pour un usage fréquent, plusieurs fois par jour et sur la durée, on oriente souvent vers des présentations en unidoses ou des flacons sans conservateur, mieux tolérés par la surface de l'œil. Avec des lentilles, vérifiez que le produit est compatible.
Le pharmacien peut aussi vous montrer comment les instiller : tête légèrement penchée en arrière, paupière inférieure tirée vers le bas, sans que l'embout touche l'œil, puis quelques secondes les yeux fermés.
Côté alimentation, on lit beaucoup de choses sur les oméga-3 et les yeux. Pour savoir ce qui est réellement établi, et ce qui ne l'est pas, voyez notre page sur les nutriments liés à la vision.
Quand consulter
Elle peut accompagner une inflammation du bord des paupières, une maladie générale ou un problème de lentilles, que seul un examen permet d'identifier. L'ophtalmologiste peut examiner la qualité de vos larmes et l'état de la cornée ; la page sur les différents professionnels de la vue vous aide à vous orienter.
À lire avant tout : ce site informe, il ne remplace ni un examen ni l'avis d'un ophtalmologiste, d'un orthoptiste ou de votre médecin. En cas de doute sur vos yeux, consultez.